Justine Niogret

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mercredi 8 octobre 2008

Parler l'étranger

Cher Victor Hugo, j'ai bien reçu ton message. Par contre, j'aimerais bien que tu arrêtes de te servir de la carte Michelin et de mon coquetier préféré comme planche de Oui-Ja pour communiquer avec moi, ça commence à bien faire.

Aujourd'hui, je voudrais t'expliquer pourquoi tout le monde veut parler l'étranger.

Deux raisons me viennent à l'esprit, grand maître; pour éviter de se faire casser la gueule par les sus-dits étrangers quand on parle avec eux, et pour regarder les séries américaines avant qu'elles arrivent sur M6.

(Mauvaise traduction de l'étranger d'un livre à succès)

Déjà, il faut savoir que l'étranger est souvent con et imbu de sa personne, puisqu'il ne parle pas le français. Je sais bien, Toto, que c'est une faute de goût impardonnable, mais c'est comme ça.

(Les livres de Françoise Dolto, lus par un étranger, peuvent donner des enfants non-contractuels.)

Comme nous le savons tous, le Français rend beau, intelligent et riche. Il immunise au gras, au cholestérol, aux faux numéros de téléphone et aux pannes de réfrigérateur.

Voici un avant/après pour que tu te fasses une idée.

(Attention, cette photo de Monsieur Y est trompeuse; il parle déjà belge.)

(Photo prise durant l'oral de Français de ce même Monsieur Y, devant un jury saisi de stupeur.)

Le danger de ne pas parler l'étranger, Totor, c'est, à part de rater la saison douze de Grey's Anatomy, de se faire mettre un pain dans la face quand on demande pour la cinquième fois à la gracieuse demoiselle anglaise si elle est déjà allée à Bitche ou si elle aime les phoques.

(Ici, la fée des adverbes dont parle Bobby Lapointe dans sa célèbre chanson "j'me fais chier")

Car le danger, le voici; dans notre belle langue, certains mots veulent dire d'horribles insanités dans d'autres, moins heureuses.

Illustrons:

Étranger à qui l'on vient de parler de son canard malade, sous la forme de cette triste phrase; "could you please sick my duck?"

Remarquez que tous n'auront pas cette réaction, et que les fautes d'étranger vous feront parfois faire d'intéressantes rencontres, comme le dit notre fameux proverbe à propos des voyages et de la jeunesse, que le monde entier nous envie et qui paraît à intervalles réguliers dans les papiers de Carambar.

(Darth Vador triste, seul et sans amis, car il ignorait que "je voudrais un Big Mac", en Klingon, voulait dire "je vais broyer vos enfants en commençant par les pieds.")

Bien. J'arrive maintenant à ce que je voulais te dire, cher Lulu. Mes cousins du Québec arrivent bientôt pour les fêtes, et ce serait bien que tu arrêtes de frapper en morse dans l'armoire de la chambre d'amis. Surtout ton habituel mot de fin, là, où tu nous dit d'embrasser nos gosses de ta part. Parce que les gosses, au Québec, c'est les couilles.

Gracieusement,

Justine

vendredi 3 octobre 2008

Moi, j'ai un bateau.

C'est ce que m'avait dit un pote, il y a longtemps.

"Moi, j'ai un bateau. Je gagne de l'argent, je peux en avoir un. J'ai une belle voiture, une maison, un enfant. Je sais pas comment tu fais pour vivre sans argent, pour vivre sans avoir tout ça."

Soyons honnêtes, l'écriture ne nourrit pas son homme. Puisqu'aujourd'hui est une journée lyrique, disons même que l'écriture, en général, en plus que général, est une ascèse. Ça se passe sur une arène secrète, juste derrière les yeux, sans personne, sans paroles, sans lumière, sans argent, sans le monde, sans bruit, juste soi en face de soi, et quand on commence à écrire, même ce miroir-là disparaît. Il ne reste plus que cette fièvre derrière les yeux. Ces scènes que l'on ne voit pas mais pourtant qu'on perçoit si bien, ces mots jamais prononcés et qu'on entend quand même.

Même si ce serait intéressant de s'arrêter un moment sur la question de l'intérêt porté aux artistes dans une société et des conclusions qu'on peut en tirer, même si on est en droit de se dire que les écrivains (c'est encore les artistes que je connais le mieux), les putes et les tatoueurs sont, en France, logés à la même enseigne (pas de formation, pas de reconnaissance, pas d'aides, pas de réseau, bref, pas d'existence, jusqu'au jour où, si tu as survécu, les impôts viennent frapper à ta porte). Même si tout ça, écrire est mon métier. Écrire, c'est ma folie en bord de Loire, c'est mon petit château aux pieds dans l'eau et aux tourelles tordues. J'y tiens, à ce château. Même s'il est ruineux. Même si ses terres ne rapportent pas un sou, même si mes paysans me jettent des cailloux dans les yeux. J'en ai rien à foutre. Quand le toit aura une fuite j'y monterai pour remettre les ardoises, quand les pierres du petit pont se casseront la gueule j'irai les maçonner. Je ferai comme d'habitude. Tout ceux qui ont un projet, tout ceux qui ont une folie en bord de Loire savent de quoi je parle. Ils connaissent tous les ongles retournés et les cals aux doigts.

Certains ont des bateaux et des voitures, moi j'ai mon temps et ma liberté.

J'ai essayé de le vendre, mon temps, et je n'ai jamais réussi. Je préfère le donner. Le travailler. En faire des murs, et des portes, et des fenêtres qui donnent sur le fleuve.
Parce que je sais que tout en haut, tout en haut, sous les poutres fendues et les ardoises, il y a une fenêtre, tout à gauche du bâtiment, et que par ce carreau poussiéreux on peut voir la sablière de la Loire manger le soleil comme une bulle de lave rouge.
Parce que je sais que dans la cour, il y a un arbre qui pousse, seul, et que ses pommes sont les meilleures pommes du monde, puisque c'est mon arbre qui les a fait pousser.
Parce que de ma chambre, je vois le fleuve mourir chaque soir d'hiver et renaître chaque matin dans le cri aigre des oiseaux frileux.
Parce que l'argent ne sait pas réparer ces châteaux. Il faut de la sueur et de la volonté. Il faut aimer se retourner les ongles. Les châteaux, c'est l'histoire de toute une vie.

Alors non, je n'ai pas d'argent, pas de bateaux ni de voiture, mais j'ai ma porte. Et je peux l'ouvrir pour faire entrer quelqu'un, et lui dire "bienvenue dans ma folie", et je sais que je ne mens pas. Je sais que je ne le fais pas entrer dans une publicité, dans la vie d'un autre. Ici, c'est chez moi, et j'ai les mains pour le prouver.
Et peut-être qu'il montera avec moi jusqu'en haut, jusqu'au toit, et que lui aussi regardera le soleil se noyer dans la sablière du fleuve et ses roseaux. Peut-être.

Voilà; peut-être.

lundi 22 septembre 2008

Les projets.

Cher Mowgli, j'ai bien reçu ta lettre. Tu me demandais pourquoi tout le monde, ici, hors de la jungle, parlait de projets, et à quoi ça servait.

Et bien, petit crasseux, après m'être déchiré les yeux sur ta lettre en peau d'écureuil écrite avec de la boue (j'espère), je vais te répondre. Les projets, c'est ce à quoi on joue quand on est grand.

C'est un mot qui fait bien sérieux pour remplacer les "on dirait que je finirais par courir plus vite que maman (ce qui est cocasse, puisque, Mowgli, ta mère a quatre pattes, permets-moi de me moquer)", "on dirait que je battrais Baloo au bras de fer", "on dirait que ma banane serait plusse grosse que celle du roi des singes".

Bon, ici, c'est un peu différent. Ca tourne plutôt autour de "on dirait que je serais le patron d'une grosse boîte", et puis "on dirait après que ma femme elle serait trop belle et elle ferait des gâteaux", ou encore "on dirait que je serais un écrivain et que je pourrais causer à qui je veux". Pour les histoires de bananes, ça change pas trop, en fait.

Et les projets, ça sert à quoi, me dis-tu? Et bien à ne pas s'emmerder comme un rat crevé, la plupart du temps.

(être humain n'ayant aucun projet, mais une nappe affreuse)

La vie humaine étant ce qu'elle est, sympa mais souvent sans plus (un peu comme la noix de coco, demande aux mecs de Koh-Lanta; c'est bon, mais au bout d'un moment ça fait un peu léger), il a fallu ajouter plusieurs ingrédients. Les projets en sont un, ainsi que la défonce, les mariages malheureux, le travail, la richesse et les filles faciles. Entre autres.

Tu remarqueras que certains ne font pas de bien du tout, mais donnent l'impression de vivre beaucoup beaucoup (voire même trop), ce qui garantit leur succès malgré les inconvénients rencontrés dans leur pratique. D'autres sont difficiles à atteindre, et peu de personnes peuvent se vautrer dans le stupre et la thune autant qu'ils le voudraient.
Évidemment, Mowgli, tu n'en sais rien, car, disons-le clairement, tu vis au milieu d'animaux, tu es un sale rouge, un traître à la cause sacrée du capitalisme, et que vous, les enfants sauvages, vous n'êtes pas connus pour vous tuer au travail. Si vous vous êtes déjà foulé un doigt c'était en vous grattant les pieds ou en tombant d'une branche où vous dormiez comme un veau; si vous avez déjà pris une cuite c'était par hasard, en bouffant deux fruits pourris qui sentaient vaguement l'alcool ou en mangeant un oiseau bituré jusqu'aux yeux, et que les filles faciles vous vous en foutez royalement puisque vous êtes les seuls humanoïdes à la ronde, et que vos premiers émois, ils ont plutôt tourné autour d'un tatou blessé ou d'un lapin malade. Vous êtes des répugnants.

Bien.

Le principe des projets, c'est d'être assez difficiles à réaliser pour qu'ils te durent longtemps, un peu comme les chaussures à mémé. Tu vois, manger un truc bon est un projet, par exemple, mais c'est trop simple pour sentir les vraies sensations d'un gros truc qui te prend une partie de ta vie et qui peut ne pas marcher. Un projet doit être motivant, et un peu foutre la trouille. Sinon c'est juste un dimanche après-midi.

(exemple de projet intéressant)

Certains d'entre nous développent une sorte de dépendance aux projets, de l'état de stress qu'ils génèrent. C'est pas de chance pour eux, parce que leur vie devient vite fatigante, mais d'un autre côté, s'ils arrivent à gérer, ils s'amusent comme des bêtes. D'autres parviennent à être contents une fois leur gros projet mené à bien. Ils atteignent le point qu'ils s'étaient fixés, et meurent mentalement, un peu comme les saumons une fois qu'ils ont pondu dans leur cascade à la noix.

(jeune homme devenu pilote après 87 ans d'études et de musculation, dans le seul but de pouvoir se pocher sans ressembler à son père)

Beaucoup de personnes mentent à propos de leurs projets, et soutiennent qu'ils sont arrivés là où ils voulaient être, alors qu'ils ont depuis longtemps abandonné devant la complexité de la chose. (et n'oublie pas qu'un projet qui foire, ça fait mal, Mowgli. C'est d'ailleurs toute la beauté de la chose. Je te le répète car tu me sembles un peu obtus, voire même un peu con.)

(exemple; un jour, je mangerai du homard quand je voudrai)

C'est d'ailleurs une des rares différences entre le jeu "on dirait que" et les projets adultes. Quand, tout gamin, tu marches sur le bord du tapis, là, la bande noire où vivent les serpents, et ben paf, t'es mort, les serpents t'ont bouffé, mais tu vas courir dans le jardin et hop, t'es re-vivant. Une fois adulte, quand tu te foires, tu n'oublies plus. Tu te souviens de ton échec, pire, il te définit. Parfois, ça dure toute la vie, et ce complexe porte le nom technique du syndrome de la grosse merde.

(projet visiblement raté pour la brune, réussi avec brio pour le petit rouquemoute, qui cache sa joie)

C'est pourquoi il est bon, Mowgli, de se chauffer avec de petits projets que l'on peut mener à bien (laver son chien sans le noyer, savoir baisser son pantalon avant de s'uriner dessus, trouver ses organes génitaux), histoire de gagner en confiance en soi, et de savoir qu'on a déjà réussi des trucs quand on se retrouve face à un projet pourri jusqu'à la moelle (appeler son chien Cujo, se faire pipi dessus à l'arrêt de bus, voire faire trouver ses organes génitaux par Brad Pitt dans le bus, alors que Stephen King vous regarde)

(peu m'importe cet échec, je sais que je suis le meilleur beurreur de tartines du monde, nom de dieu)

Certains se servent aussi de leurs projets pour faire du chantage, ce qui est une aventure dont tout le monde se passerait bien, je crois.

(arrêtez de vous payer ma tête ou je balance le chat à la flotte et moi avec)

Tu remarqueras, Mowgli, qu'en général le plus grand projet des enfants est de devenir adultes (ce qui est ridicule parce que ça va arriver, preuve que les enfants sont des idiots), et que ce même projet les empêchera d'oublier leurs échecs comme ils en avaient l'habitude. Ce que je trouve un peu, pardonne mon français, à chier.

(petite fille habilement déguisée en adulte)

Voilà, Mowgli. Fais de gros bisous à tous tes amis à fourrure et continue à faire cuire des lianes. Et arrête aussi de chauffer Sherkan, un jour il va te casser la bouche, comme ça t'auras chaud aux dents.

mercredi 17 septembre 2008

Le Hard Rock

Le hard rock fut inventé en 1325 par Bertrand Du Guesclin.

A l'âge de cinq ans, le petit Bertrand passa par hasard à côté d'un champ à concombres où les travailleurs de la terre mêlaient leurs voix mélodieuses. Leurs vocalises cristallines montaient dans l'air matinal pendant que les flots de la rivière offraient leurs notes pures à ce joyeux refrain. Parfois, un oiseau seulet poussait un sifflement tendre, et c'était comme si toute la nature prêtait l'oreille à ce spectacle brut. Le petit garçon s'immobilisa pour écouter le chant de ces bouseux détruits au mauvais vin, et lorsque l'un d'eux alla s'effondrer dans un fourré, de l'alcool lui coulant des oreilles, le petit Bertrand sut qu'il avait trouvé sa voie.

(la cueillette des légumes, immortalisée en souvenir de l'événement.)

Prenant aussitôt un nom de scène (et "Le Dogue Noir de Brocéliande", ça vous a quand même une autre gueule que "Iron Maiden", "Metallica" ou "Black Sabbath"), le petit Bertrand profita de sa laideur, de son agressivité et de son manque de talent musical pour étalonner ce qui, plus tard, deviendrait bien souvent un critère de sélection pour bon nombre de groupes.

Il s'entêta à jouer de la guitare sèche et de l'oud pendant ces premiers concerts, ce qui, on s'en doute, ne mena nulle part. Ce ne fut que lors du grand tournoi de Dinan qu'il trouva l'étincelle qui lui manquait; la bourre. Jouant de son instrument (une flûte) d'une main et castagnant de l'autre, l'adrénaline le fit jouer avec une violence qu'il n'avait encore jamais atteinte. C'est lorsqu'il se mit à hurler (la flûte l'empêchant d'articuler, personne ne comprit vraiment ce qu'il disait. C'est depuis ce moment que beaucoup de chanteurs tentent de retrouver ces borborygmes sans queue ni tête, un peu comme une quête de leurs racines, voyez.) que les chevaliers entrèrent soudain en furie et commencèrent à s'agiter dans tous les sens comme si on venait de les plonger dans l'eau bouillante. Ils se mirent à sauter sur place, se mirent des coups de tête, se frappèrent dans les parties, dressèrent leurs doigts pour encourager Bertrand (leurs gants de guerre ne permettaient de lever que l'index et l'auriculaire, mais qu'importe), certains allèrent même jusqu'à monter sur les estrades pour se jeter dans la foule. Huit-cent quatre-vingts civils moururent écrasés sous la demi-tonne de métal portée par ces farceurs, mais personne ne les regretta vraiment car Bertrand venait d'inventer la fosse, et on avait autre chose à faire que s'occuper d'eux.

(Ici, la première fosse de l'univers connu.)

Le succès fut fulgurant et on s'arracha les places de ses concerts à guichet fermé, comme le montrent les revues de presse de l'époque.

(revenez plus tard, y'en a plus.)

Il resta fidèle à son style brutal, mais revint parfois à des musiques plus douces. Toutefois, son public ne le suivit pas, à l'exception de l'indémodable "Vent du Changement" qui le fit connaître du grand public. Slow avant l'heure, cette chanson fut reprise par un obscur groupe allemand dans nos années 80.

(son solo guitare)

(le groupe incriminé)

Sa carrière se déroula sans incidents notables, sauf peut-être lors de son concert de 1357 dans la ville de Rennes, où la sécurité faillit se faire déborder par une vague de fans venus de Lancastre (nom bien choisi). Bertrand réussit à tourner l'événement à son avantage, et n'en vendit que plus de disques.

(la scène est interdite, chenapans)

Ayant refusé de retirer son armure, il décéda malheureusement lors de ses premiers essais de mandoline électrique. Les groupes actuels ne l'ont pas oublié, et il est de notoriété publique que Metallica, un groupe disparu en 2003, avait en projet un album à sa mémoire.

Une chanson a été écrite à sa gloire, par le groupe AC/DC, dans un univers visiblement médiéval.

No stop signs, speed limit - nobody's gonna slow me down (bien sûr, pas de dépassement de vitesse)
Let the wheel go on spinin' - nobody's gonna mess me around (le côté sécuritaire de la charrette en voyage)
Hey, Satan, paid my dues - hey, I'm in a rockin' band (les artistes refusent bien souvent de régler leurs notes, c'est connu)
Hey, momma, look at me - I'm on my way to the Promised Land (rapport avec les croisades? Cette partie reste obscure)

I'm on the Highway to Hell
Highway to Hell
I'm on the Highway to Hell
Highway to Hell

Don't stop me

I'm on the Highway to Hell
On the Highway to Hell
I'm on the Highway to Hell
On the Highway to -

Highway to Hell
(I'm on the Highway to Hell)
Highway to Hell
(Highway to Hell)
Highway to Hell
(Momma - Highway to Hell)
Highway to Hell

And I'm goin' down all the way

I'm on the Highway to Hell

(Bertrand après une tournée bien remplie)

lundi 15 septembre 2008

Le tofu.

Le tofu se présente souvent comme un petit bloc gris aux yeux tristes, car il n'a pas d'amis et tout le monde le hait.

(Tofu pleurant de honte)

Le principe du tofu, c'est d'être un ingrédient. Pas un aliment. Genre comme la farine. Si vous mangez de la farine toute seule, c'est pas bon. Le tofu c'est pareil.

Une fois qu'on a appris à faire sa connaissance, le tofu est heureux.

(on lit le bonheur sur son visage rond)

Une fois mis à tremper dans un truc bon (genre pas du tofu), le tofu deviendra votre ami et sera prêt à vous accompagner pour de folles aventures.

(tofu prêt à en découdre avec les monstres voleurs d'ocarina)

                      (Oué, kro fort, j'ai un nouvel ami!)


Et nous en arrivons enfin à ce que je voulais dire; saviez-vous que TOFU était un code radio pour dire "Things Ordinary: Fucked Up", durant la guerre du Vietnâm?

Nan mais en vrai, mangez pas cette saloperie, hein, vous pourriez en crever.

Le sport. (même si ça ne se voit pas)

Comme le savent tous ceux qui ont le plaisir (?) de me fréquenter, j'aime le sport. La sueur, l'endurance, le dépassement de soi, les baskets usées et compter les calories, j'adore. Enfin. Personne ne peut prouver le contraire, quoi.

Comme le montre cette photo à l'échelle*, ma musculature dépasse déjà en puissance et en épaisseur ce que pourrait oser espérer une athlète antique. (vous me dites qu'il y en avait peu, je vous réponds; "et bien oui, justement.")

Et bien aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'un truc qu'on oublie un peu trop souvent de ramener sur le tapis quand on fait la pub de l'effort physique. Par contre, autant vous prévenir tout de suite; ce message - contrairement aux précédents (et à ceux à venir, je sais me faire confiance) qui tous, sont une illustration de ce que la France peut faire en matière de bon goût - ne sera pas classe, pas du tout. Il sera sans concession sur la nature humaine et les limitations de celles-ci. Parce que bon, oui, on vous dit, ouais, le sport, trop bien, mais bon, on occulte certains détails.

Le fait est qu'après une séance de sport plus tonique qu'à l'habitude, le corps peut avoir envie, telle une douille à pâtisserie sur laquelle on vient de s'assoir à plusieurs, de lâcher du lest. Comportement parfois aussi appelé "bonne nausée des familles".

Sachons que cette envie n'est pas, le plus souvent, irrattrapable, et que repeindre son plancher ne deviendra pas une habitude (car vous pourrez vous entraîner sur l'herbe d'un parc, ou sur le carrelage de vos voisins.).

Et bien j'ai aujourd'hui fait un effort inhabituel - je me suis levée de ma chaise - et j'ai eu très peur.

Je me suis renseignée, et quand on fait du sport, oui, ça arrive. Alors je voudrais bien, moi, au lieu de cette désinformation pro-biscottos, qu'on le marque sur les affiches et les campagnes en faveur du bougeage du corps.

En gros.

Un truc comme;

- Vous faites du sport?
- Oui, d'ailleurs je viens de vous lâcher un pâté sur les godasses.
- Et bien permettez-moi, Madame, de vous dire que vous êtes une petite répugnante.

Ps; *et que le petit malin qui a dit "de quoi elle se plaint, elles sont baraques, ces fleurs, quand même", se dénonce, merci, je tiens un carnet.

lundi 8 septembre 2008

Un cadeau, tiens.

AHHHHHHHHHHHH!!!!!!!!!!!

Faites pas attention, je ne fais que passer.

Et si un jour, en se levant, on avait tout ce qu'on avait toujours voulu?

Je suis rôliste.

Je l'avoue enfin.

J'aime le JdR, je l'ai toujours aimé. J'adore pouvoir jouer dans un bouquin, savoir ce qui se cache dans ce p*tain de coffre, ne pas laisser disparaître tous les coups de pieds au cul qui se perdent, être parfois tellement bête que mon perso peut en mourir et qu'un ami le sauve d'une action si flamboyante et héroïque que j'en ai encore les larmes aux yeux (enfin, là, j'ai pas d'exemple qui me vient à l'esprit. Mais je peux vous raconter comme un ami fait toujours exploser ses chevaux par erreur, et un autre fait brûler des maisons sans qu'on en soit sortis).

Surtout, c'est passer des moment de qualité (en lisant ça, vous la voyez, vous, la femme de l'ambassadeur qui descend les escaliers avec ses chocos, où c'est juste moi?) avec des amis. C'est un truc qu'on perd en devenant vieux dans sa tête, je crois, le plaisir de jouer avec tes meilleurs amis du monde. On s'habitue aux méchants, aux tristes histoires de fesse des copains, aux rancœurs nazes et aux "potes" qui te tapent des sous. Alors jouer avec tes meilleurs amis du monde, ça n'a juste pas de prix, et rien à foutre du reste. Autour d'une table, à rigoler comme des bossus. Je ne connais pas de club plus fermé et plus ouvert à la fois.

Alors un cadeau pour vous, rôlistes ou non, vous tous qui avez de vraimeilleurzamisdumonde. Je sais que vous comprendrez.

Dans l'ordre d'apparition; notre guerrière, le prêtre de Tiamat en habit de lumière et ma sorcière. Le mj n'est pas là. Le connaissant, il est parti chercher un lance-flammes.

Saviez-vous que...

Certaines maladies ne touchent que les écrivains?

Comme la Bubbullose, affection rare et peu connue.

Moins maladie que symbiote mou, les premiers symptômes sont indécelables puisqu'ils sont dissimulés, justement, par les aléas inhérents au rôle d'écrivain, je veux parler des cloques aux doigts. A force de frapper sur son clavier, notre gentil artiste développe souvent des ampoules qui rendent l'écriture encore plus difficile qu'elle ne l'est déjà, et qui explique son air tristounet aux fêtes d'anniversaire.

Comme vous l'aurez remarqué, le stade final de la Bubbullose est un symbiote aquatique; il faut donc que les cloques entrent en contact, à un moment où à un autre, avec (terme technique) un truc qui fait floc-floc. L'écrivain moyen allant peu à la piscine, encore moins à la mer (sauf les écrivains bretons, mais il faut savoir que le kouign-aman fait tomber la Bubbullose, le pouvoir adhérent des petits symbiotes ne pouvant rivaliser avec les six litres de beurre contenus dans une part du gâteau sus-cité.); aimant peu la vaisselle et préférant jeter ses assiettes sales nuitamment sur la pelouse de ses voisins (ceux qui sont méchants avec leur chien); lisant souvent dans son bain, voire sous sa douche, ses mains entrent peu dans un liquide, quel qu'il soit, sauf... le café.

Cloques au vent, tapotant sur son clavier, ne quittant plus son écran des yeux, l'écrivain tâte autour de lui (telle l'abeille à la recherche de son nectar) pour trouver sa tasse de café, faite il y a deux heures et maintenant totalement froide. Inconscient du danger qui guette, il plonge son doigt, que dis-je, sa main entière, voire son poignet dans son mug préféré (celui avec le chat).

Hop, la colère divine se déchaîne; les ampoules montrent leur vrai visage, la Bubbullose déforme la chair, les empreintes digitales de notre ami ont maintenant la forme de bouche de poisson nain.

C'en est fait de notre héros qui ne pourra se soigner qu'au prix que douze heures de console vautré dans le canapé ( et peut-être avec du kouign-aman), la Bubbullose détestant les jeux vidéos.

Personnellement, je conseille Doom 3.

jeudi 4 septembre 2008

Encore, et encore

On fait comme si de rien n'était.

Quand j'étais petite, j'étais un oeuf.

Vrai de vrai.

Des voisins sourds.

Franchement.

Il était une fois, une petite princesse qui cassait les burnes.

Enfermée dans la tour d'ivoire d'un quelconque arrondissement parisien, la petite princesse n'avait en sa possession (le mot est bien choisi, satan satan satan) qu'un seul artefact qu'elle tenait de sa mère qui avait dû fuir le pays, chassée à grands coups de trique par son horrible belle-doche qui ne s'épilait même pas les jambes.

Cet objet magique était un disque, donc, rempli de ce que le vingtième siècle a fait de mieux en matière d'art musical, soit dix chansons pourries, sorte d'amalgame merdique de boyz bandz, de rap à la manque et de clavier bontempi joué avec la face.

Ces chansons abominables étaient représentatives de ce style de musique, à tel point que les voisins entendaient le godelureau ici dénommé le chanteur se toucher langoureusement les parties en baragouinant des "comme aune, baÿbé, lettse dou ite agène, souiti, one youre nize, gurle, ittse taïme faur ougourte!", tout en secouant ses cils recouverts de six couches de mascara jamais maÿbelinne que quand t'en mets tes cils sont tellement longs que quand tu roules des gamelles à ton copain tu peux lui crever les oeils, assurance non comprise dans le tube.

Cette petite princesse écoutait ce même disque en boucle, toute la journée, tous les jours, assez fort pour que les miaulement de chatte en rut du chanteur traversent les murs et résonnent dans le plancher et les meubles d'une vilaine sorcière du voisinage (l'appart à côté, petite peau).

La sorcière, qui pourtant écoutait des chansons d'amor pleines de douceur (fear factory, dope et carnivore, par exemple, de doux baladins aux joues rosies par l'hypocras et la timidité) avait, elle, fait toujours attention à ne pas ennuy être désagré faire chier ses voisins jusqu'à la racine, et remerciait les autres habitants de l'immeuble de faire de même. Elle supportait même les réveils matinaux et dominicaux de la voisine du dessous, qui écoutait des chansons algériennes en passant l'aspirateur et en chantant, ainsi que les cours de violon venus d'une fenêtre inconnue, jouant evenou shalom alerem en boucle. Les jours de pluie, la sorcière trouvait même cela assez mélancolique pour se mettre à sa petite fenêtre et écouter le crin-crin. (ouais, crin-crin, faut pas pousser quand même, c'est pas Yehudi Menuhin et son orchestre)

La petite princesse, se croyant à l'abri derrière une porte à code et se foutant des êtres vivants autres que sa petite personne, montait chaque semaine un peu plus sa musique, l'écoutait jusqu'à vingt-deux heures, et répondait aux grands coups frappés sur la cloison par les voisins par d'autres coups sur les murs. Elle mourut seule et abandonnée de tous, le visage rongé par les rats et les fourmis, et ses amis oublièrent son existence en une dizaine de jours. Son nom devint ensuite celui d'une maladie qui change la peau des joues en mandibules d'insecte et tout le monde se moqua d'elle.

La moralité de cette histoire, les enfants, et ben c'est que c'est bien fait pour elle.

Demain, l'histoire du nounours qui dévorait les yeux des bébés.

vendredi 15 août 2008

La vision...

De la Team Rocket sur le Caravage du site me brûle les yeux.

J'ai mal.

Retrouver la patate

Des fois, on a du mou.

Un manque d'énergie qui fait qu'on traîne en écrivant comme un vieux canard déplumé.

Pas la page blanche, juste un gros "beurk" qui vous traîne sur la caboche pendant des jours, voire des semaines.

D'autant plus lourd que ce que j'aime, moi, c'est coucher une nouvelle sur le papier dans la journée, et retravailler ce qui dépasse dans la semaine qui suit. Parce qu'après, je m'ennuie, je connais la fin, je n'ai plus de surprise, j'ai trop ressassé les idées pour les trouver encore intéressantes.

Une sorte de James Bond de la nouvelle, qui tripote les nanas dans son canot à moteur une bonne fois pour toutes et qui ne les revoit plus jamais.

Bon, sauf que j'adore revoir mes nouvelles. Mais je n'aime les pincer dans le gras du cou qu'une seule fois, voyez?

Et là, ça fait des SEMAINES que je traîne un texte, et un vieux, en plus.

Et hier soir, avant de me coucher (vers quatre heures du matin), j'ai enfin trouvé ce qui coinçait. Parce qu'il y a toujours quelque chose qui coince, de préférence pas dans le texte (quand c'est le cas, on réécrit le truc, et c'est fait, voire on pleure toutes les larmes de son corps, on joue l'artiste maudit, on se fait remonter le moral par ses amis accourus à la rescousse et on re-bosse), mais dans la vie, donc. Voilà, un petit emmerdement de rien m'avait volé mon mojo, rongé mes dendrites et fait ses besoins dans ma cafetière (vu mon plaisir à me lever).

Mais là, j'ai trouvé. Du coup, j'ai fini ma nouvelle cet après-midi, et je peux dire, fière et heureuse, qu'une fois de plus la Team Rocket s'envole vers d'autres cieux.

jeudi 31 juillet 2008

Poême de rien

Je veux être un rumbalair
Je vivrais le cul à l’air
Nu, à poil dans un grand pré
J’roulerais d’ssus comme un taré

J’veux être une meule de foin
J’casserais tout, mieux qu’un parpaing
Je sauterais au-dessus des murs
Je r’bondirais sur les voitures

Je r’gagnerais les grands espaces
Là où vivent ceux de ma race
On f’rait des ptits bébés partout,
Des meulettes aux yeux tout doux

On vivrait dans le maquis
Libres et sans aucun souci
On aurait plus peur de rien
A part des végétariens.

dimanche 27 juillet 2008

Rêver de combats

Le labyrinthe à son tour, magnifique, trônant de tout son mensonge, aussi profond qu'il était large, et s'étendant encore.

Il brûle;

Il brûle et le feu gagne encore;

Puis je tombe dans la cendre car je brûle, je brûle jusqu'à l'os.

Je ris, et seules mes dents sont blanches dans la noirceur brûlante du charbon.

Je n'ai plus d'yeux.

Et je ris encore.

Des fois, on vous dit des trucs affreux.

Un très bon ami à moi que j'ai m'a dit que je ressemblais à Adrian Edmondson.

Donc... lui.

(J'ai mis une photo où il faisait classe.)

Pour ceux qui le ne savent pas, cet homme est connu pour avoir joué le monstrueux (?) Eddy Hitler dans Bottom, une série anglaise difficile à comprendre pour ceux qui ont besoin d'entendre un anglais plus articulé que régurgité.)

Adrian, si tu me lis, ce n'est pas que tu es vilain, c'est que je suis une fille.

Et le pire, c'est que je dois m'avouer qu'il y a quelque chose, oui.

Je suis choquée.

mercredi 23 juillet 2008

Il est tout neuf.

Mon roman, là, le dernier.

Il est tout neuf.

Ce que j'aime, moi, dans l'écriture, c'est partir comme pour une aventure. Hop, je me jette sur la feuille, et vogue la galère. Enfin, si ça c'est une galère, je veux bien être enchaînée à mon banc.

Sans synopsis, sans trame, sans rien. Juste trois mots qui sonnent un truc spécial, et tout écrire autour.

Quand je connais la fin d'une histoire, je m'ennuie.

Alors j'écris comme ça, comme on saute dans l'eau.

Là, j'ai fini l'écriture de mon roman médiéval. Il est là, tout beau, encore un peu humide parce qu'il vient de sortir de l'œuf, mais il respire. Il dort, tranquille. Toute l'histoire est là. Ça lui fait des rubans dans les cheveux.

Les histoires, on peut aussi les écrire comme ça, sans garde-fou, en les découvrant à vif, en se laissant mordre par l'émotion.

Promis juré.

Je relis, et je vais brosser un peu tout ça. Etoffer la fin, remettre deux ou trois trucs d'aplomb.

Je vais juste lui remonter le pantalon, le recoiffer et l'envoyer à l'école.

Il est fini.

J'ai envie de lui faire des bisous.

Voilà.

Avoir récupéré mon fond de site.

Rien d'important, mais ça me fait plaisir.

Déjà, parce qu'il est beau, ensuite, parce qu'une certaine Virginie s'est donné la peine de le faire aussi chouette.

L'Incrédulité de saint Thomas.

Non mais quand même. Faire sauter ça avec un bug.

J'en pleurerais du sang, tiens.

...

D'ailleurs, je vais me chercher un mouchoir.

A pluche!